|
| |
| |
Baladi et femmes
Qu'est-ce qui se cache derrière la danse du ventre pour qu'elle suscite un tel engouement chez les femmes? Pour trouver la réponse, il faut retourner aux racines du baladi et de la danse du ventre. Je fais une différence entre les deux. Lorsqu'on parle de baladi, on fait référence à « al raks al-baladi », ce qui veut dire danse du peuple. Au départ, il s'agissait d'une pratique ancestrale comme le tai chi et le yoga qui avait pour but bien spécifque de maintenir l'esprit et le corps des femmes en santé. C'est ensuite devenu une danse pratiquée par les gitanes pour diverses raisons. Ce que nous voyons aujourd'hui est une variante appelée « al-raks al-sharqi » (danse de l'est) qui a pris ses racines dans le « al-raks al-baladi » mais qui a emprunté plusieurs mouvements de ballet pour y ajouter un côté plus spectaculaire.
Selon son livre « Femmes qui courent avec les loups », Clarissa Pinkola Estés démontrent à travers divers mythes et légendes la dualité de la nature féminine. Deux anciennes forces vivent dans chaque femme. L'une est douce, compréhensive, civilisée et humaine. L'autre est de nature sauvage qui loin de prendre son sens péjoratif, veut plutôt dire la capacité de vivre en harmonie avec la nature sauvage. Quand les deux forces sont en harmonie, la femme peut se réjouir d'avoir toute sa force et son énergie. Elle peut vivre pleinement et intensément sans que les émotions perturbent ses ambitions.
Dans les sociétés patriarcales, les stéréotypes ont forcé les femmes à ne laisser paraître que la force douce, séductrice et apeurée. Les deux forces féminines sont confinées dans un carcan où il n'y a que l'apparence physique, l'attitude douce, et les gestes grâcieux de son corps qui comptent. Ceci a pour effet d'enlever toute possibilité à la femme sauvage de s'exprimer allègrement et ceci la prive de sa force et de son énergie. Afin d'être finalement respectées, les femmes tentent alors de cacher leur féminité et de contenir leurs émotions dans un corset imaginaire. C'est alors que la nature sauvage, complètement affamée, part à la chasse d'énergie et peut s'abreuver férocement de l'énergie des autres.
Comment nourrir la lionne, la nature sauvage? En lui permettant de s'exprimer librement. En laissant sortir ses émotions. En dansant la danse du ventre, une femme peut retrouver sa force intérieure. La danse peut devenir un tapis volant sur lequel elle peut se déplacer, dépasser ses limites, découvrir le monde et avoir une grande joie de vivre. Elle peut à la fois exprimer sa féminité et sa nature sauvage pour retrouver l'équilibre.
Référence: « Femmes qui courent avec les loups », Clarissa Pinkola Estés, ISBN: 9782253147855 (2253147850)
|
|
|
|
|
|
|